Quand j'ai finalement réussi à décrocher de l'italien, quand j'ai enfin eu la force et le courage de le sortir de mon coeur, je m'étais juré que plus jamais on ne me traiterait de merde, ou comme si j'en étais. Que plus jamais on ne me parlerait comme si j'étais une larve, que plus jamais on ne me cracherait dessus. Pas si on tient à moi.
Quand on m'envoie chier, que la raison soit valable ou pas, j'essaie de me rappeler. De me rappeler combien de fois j'me suis dit que plus jamais... De me rappeler ça fait combien de fois qu'on m'envoie chier au lieu de me parler. Pis ensuite, je me demande combien de fois vais-je accepter de me faire traiter de conne ou de n'importe quoi. Combien de temps avant d'avoir envie de m'enfuir?
Je compte. Je regarde ma montre.
Je suis de nature sauvage. Sauvage, mais peut-être faible. Si jamais, un jour, j'ai des enfants et qu'on me parle comme si j'étais une merde... Je resterais là, sans broncher, à attendre que le temps passe, à encaisser? Non. Non, je ne crois pas. J'crois que la merde que je suis, dont on n'a pas besoin, se ferait une petite valise et prendrait le premier train. Laissant derrière elle ses petits, au soin de celui qui est beaucoup mieux qu'elle.
Même si dans mon monde le soleil brille tout le temps, si l'homme que j'aime ou mes amis m'envoient chier, je crisse mon camp.
Quand on m'envoie chier, j'ai tendance à vérifier l'heure des prochains départs.
La fin
Il y a 12 ans
