mardi 30 mars 2010

L'Écho - E. Cournoyer

On peut pas tout avoir longtemps - tout arrive à qui sait attendre.

J'l'aime. Pis j'aime Eve.
C'est terrible c'est partout.

J'vais m'rouler un dernier bat, en état second, parce que j'ai pas envie de me coucher....
On aime ça...
C'est assez, oui c'est assez yé yé...

J'suis cassée en criss. Impôts et vos retours...où êtes-vous?
J'suis rendue sur la pipe à me demander s'il faut souffrir pour être belle.
Fuck le bat. Comme ben des affaires.

Bon. J'braille.
Avec mon bel espoir. Je suis en pièces détachées de ma vérité. Ma folle casccade, promis...

L'écho... criss...
de nos voix............
depuis deux semaines.... dans ma tête... vraiment.
Le reste je men fous. C'est beau wowowowowo
Sans personne sauf toi et moi. Il n'y a que nous, dans notre canot de bouleau........
Vois-tu comme c'est beau?

Et si j'étais une vague... m'écouterais-tu? Qu'est-ce qui va m'/t'/nous arriver.............
Pet pis répète. Pis répète. Pis répète en criss.
J'suis tout à toué.

bon......................
marde..................
ou bonheur....

J'retourne au lecteur. Sur repeat.
Arrivederci...

Et si l'bon Dieu n'existait pas? Ben... j'serais là, encore.
Toujours.
J'l'aime.

Coeur léger au goût printanier

Djou refera surface dans ma vieille ville d’ici 2 jours. J’ai hâte.

L’homme, qui refait quelques fois surface, n’est plus du tout l’homme, comme vaporisé, éliminé par une force supérieure. Grandiose.

L’amour est beau, léger, tranquille, sain. Tellement que parfois je me demande si c’est possible d’être amoureuse de cette façon, sans avoir à tout détruire pour recevoir une lueur dans les yeux. Paraîtrait que non. Que la destruction n’est pas nécessaire. Je ne le savais pas. Je suis bien.

Amen (le cash), comme disait notre bon et grand Falardeau.

samedi 20 mars 2010

Batteries

Peut-être est-ce la présence d'un nouvel ami, peut-être est-ce le brainwashage de mes vieux amis... Peut-être que est-ce juste le fait que le temps était venu de tirer sur la plug, je ne sais pas.

Hier, j'ai dit à l'homme que je ne voulais plus le voir.
Que j'étais tannée d'être en guerre.
Que j'étais tannée d'entendre, presque chaque jour, une nouvelle histoire de cruise le concernant.

Comme dirait Wézo: "Tu peux fesser tant que tu veux sur une manette dont les piles sont faibles, un moment donné ça va changer de poste, oui, 1 fois, 2 fois, mais on le sait tous que les piles sont mortes. Qu'il faut les jeter et en mettre de nouvelles."

Ce matin, j'suis un peu triste à penser que j'ai couper le fil, que je ne mangerai plus avec lui, que nous n'aurons plus nos petits rituels d'activité, que je ne me ferai plus appeler "ti-pois"...

Quand je repense à ce qu'on s'est dit, l'homme et moi... :
"F: - Dans la vie, je veux quelqu'un qui me "protège", qui prend soin de moi, sur qui je peux compter et que ce soit réciproque.
H: - Ce que tu veux dans la vie, c'est d'la marde. Tu ne m'as jamais aimé. Ce que tu veux, c'est juste être bien..."

Quand je repense à ça. Au fait que mes valeurs sont de la marde à ses yeux, je suis un peu moins triste. Le soleil va se lever dans ma vie et les nuages s'évaporeront.

mardi 16 mars 2010

A place for us

Dans mes oreilles: PJ Harvey - A place called home

J'fais des rêves poches qui font que je me réveille tout croche.
Le café me rappelle que c'n'était qu'un rêve et j'essaie de ne plus y penser.

J'entretiens une relation privilégiée avec mon lecteur préféré. J'ai peur de commencer à me censurer.
Il me plaît beaucoup même si je ne l'ai jamais vu, même si je ne le connais pas. Même s'il n'aura sans doute jamais rien entre nous de solide comme une vraie relation de couple dans le rire, je trouve qu'il me fait du bien. Bien évident que j'voudrais juste le voir en vrai, lui parler de vive voix en plaine face, me blottir dans ses bras sans raison, mais j'suis même pas sûre d'être prête à tout ça.

Pas important. J'le trouve drôle et cute. C'est déjà ça de plaisant.

dimanche 14 mars 2010

Face de bouc

Plus ça va, plus j'haïs Facebook.
Ça ne sert à rien... Sauf à regarder les photos du monde, checker ce que les autres font... J'passe mes journées à vérifier les activités de l'homme et je m'énerve. J'pense l'enlever de mes contacts pour en être soulagée, mais je réalise qu'avec nos 55 amis communs, ce n'est pas long que je vois la trace qu'il laisse tout autour. Alors j'pense à fermer mon compte pour un temps, parce que ça me fait perdre énormément de temps.

J'ai déjà hâte de revenir de la job. Me reposer. Me soigner la tête et le coeur. J'ai envie d'économiser mon fric, d'arrêter de sortir comme une défoncée juste pour oublier que je suis frustrée dans ma vie émotionnelle. Pis qu'en plus, j'fais rien pour m'aider. Arrêter de boire avec des amis tous les soirs assise sur ma selle préférée, juste pour pas penser à comment j'me trouve conne de rester la tête là-dedans. Parce que c'est vrai. J'ai juste à raccrocher s'il appelle pis à me dire que c'est un cave jours après jours... mais j'trouve ça dur. Parce que je me rappelle... me rappelle qu'avant, ce n'était pas comme ça.

samedi 13 mars 2010

Tu m'appelles même pu quand t'es chaude...

Ça va. Mieux en tout cas.

Petite bière à la maison pleine de musique, black vulvette au Miss Villeray pour se faire chier. Souper portuguais avec 1 litre de vino.

Encore fâchée.

Promis à Djou que j'rappellais pas l'homme avant son retour de Couba (à Djou), et rendue là j'n'aurai sûrement plus aucune envie de lui parler. D'ici là, ma mission s'il appelle est de raccrocher sans rien dire après son baragouinage qui ne veut rien dire.

Commencé notre setlist pour 3/1$.

J'm'ennuie. Un peu. De mon lecteur préféré.

Phoque Yaourt

Ça y est, ostie, je braille.

Pour rien. Parce que je suis fatiguée.
Parce que je suis frustrée contre lui pis contre moi.
Contre lui parce qu'on dirait que son seul but dans la vie c'est de chier sur ce qu'il dit aimer.
Contre moi parce que je me suis fait pognée là-dedans.

Ostie de Barney... Toujours aussi drôle. Toujours aussi beau.
Il chiâle qu'on ne se voit jamais.
Me donnerait un appareil électronique dont je rêve si je voulais bien baiser 2-3 fois.
Plus ça change, plus c'est pareil.
"J'peux pas croire qu'on baisera pu jamais. Ton beau p'tit cul, ta belle p'tite chatte..."
Ayoye.
Pas de désir. Plus de désir. En tout cas pas pour lui. Pu vraiment aucun désir pour l'homme non plus. J'me sens vide.
Barney, malgré toutes ses niaiseries a dit "moi j't'aime pis je le sais que t'as un ostie d'grand coeur pis les bras pis les jambes ben grand ouvert, mais tu penses pas que tu devrais commencer à investir dans ton compte d'amour."

Pu vraiment le goût de m'investir ces temps-ci. Ça reviendra sans doute un moment donné, mais là, j'suis comme vidée. Tannée d'avoir l'impression de tout donner et d'être prête à tout, mais qu'on ne voit rien d'autre que d'la marde. J'suis loin d'être parfaite, mais elle n'est pas là JUSTE à cause de moi, c'te marde-là. J'veux avoir du fun, c'tu compliqué ça?!

J'vais essayé de faire une sieste rapide, pis d'aller niaiser avec Djou. De la laisser derrière, toute c'te marde-là. 3/1$, ça c'est drôle. Des compos de covers quétaine, ça, ça me fait rire.

Pompée, pompette, pompage...

Barney s'en vient chercher quelques vinyles.

Hier, j'ai fait un souper génial de dernière minute, avec 5 amis que j'adore. Pizza crème fraîche-lardons-roquette-emmental et Penne à la vodka. C'était vraiment bon. Wézo nous a fait d'la mousse au chocolat maison pour l'occasion.

Quand l'homme m'a appelé vers les 15h pour me demander ce que je faisais le soir, c'est plein de mépris et de condescendance qu'il dénigrait mon souper. "Ahh les bonnes bouffes, là, bien arrosées, là! HAHA! Bonne abondance!!"
Fuck you calisse!

Le criss m'a appelé à 6 heures du matin pour me donner d'la marde, pour condescendre encore. Pour me réveiller pis me mettre en criss. Pour ruiner mes quelques heures de sommeil. Pour encore me raccrocher au nez pis me traiter comme d'la marde... J'ai fini par dire "tu me rappelles demain pour discuter ou tu me rappelles pu!" Et lui de répondre "Un ultimatum??" et de me raccrocher au nez.

Alors j'lui ai écrit.

"ultimatum?? Who cares. certainement pas toi, qui m'haït, pis que je fais juste chier.

j'técoeuré en sale dla marde pis dla chicane. Pis pour une fois, jsuis pas sure que c'est moi qui a commencé. Pis j'm'en calisse de qui commence, j'suis juste ben tannée.

Moi avec, j'suis là pour avoir du fun. Si t'es pu capable d'en avoir avec moi ben décrisse pis laisse moi tranquille. Plus ça va, moins je t'aime, et plus tu continues de me faire d'la peine. De rire de ma gueule. De me varger dessus.
J'suis pas là pour me faire chier non plus.

J'pense que je ne serai plus là. Si tu veux d'la chicane pis d'la marde. Même si j'aime passer du temps avec toi. Même si t'es fuckin important pour moi. J'tannée d'avoir envie de te voir pis d'être toute seule de ma gang. J'tannée de me sentir comme d'la marde, comme ta fuckin marde que t'haït.

Fack si t'aimes ça la chicane, si t'aimes ça qu'on se fasse chier, si t'aimes ça qu'on s'engueule pis qu'on se blesse, ben fuck off, décrisse. M'a la faire ma vie sans toi, inquiète toi pas. Même si ca me fait mal, même si je tiens à toi. Appelle moi pas demain si tu veux continuer la guerre, moi j'ai pu de balle, pis j'técoeurée en ostie de tirer sur des cacannes. Appelle moi pas demain, pis pu jamais. VRAIMENT. Si t'aimes ça la marde. Moi jveux du beau avec toi pis du fun, sinon j'veux pu rien.

Trouve toi un autre tapis pour piler dessus, pour cracher d'sus. J'ai un FUCKIN coeur qui ne sera plus jamais capable d'aimer tellement yé fru, pis laitte asteur. T'es content? tu vas rester pour toujours le dernier. Bravo, médaille d'or.

Fack la conne là, le ti chien qu'on rit d'lui pis qu'on fesse avec un baton, va te laisser la-dessus. La conne qui se fait réveiller pis chier, pis raccrocher au nez pis de qui on se calisse, ben a va arreter de te faire chier.

Si t'es pour me faire la guerre, appelle-moi pu jamais.
J'suis fatiguée. De ça.
M'ennuie d'la joie. Si tu veux j'suis là pis donne moi des nouvelles. Sinon don't bother oublie ca, pis va fourrer qui tu veux.

Jt'aime. Pour c'que ça vaut asteur...
Si jamais tu me rappelles pas demain/talleur, ben... j'te souhaite d'être heureux. Bien et heureux. Tu diras que c'est d'la pression, encore. Moi je dirai que j'suis écoeurée de jouer la game des soldats. Qu'on se respecte dès maintenant ou on se voit plus.
Jamais.

x"

vendredi 12 mars 2010

CITY

"Généralement, dit-il, le porch, ou véranda, est situé sur la façade de la maison. Il est constitué d’un auvent d’une profondeur variable – mais rarement supérieure à quatre mètres – qui s’appuie sur une série de montants et couvre un plancher dont l’élévation par rapport au sol varie généralement entre vingt centimètres et un mètre cinquante. Une gouttière et des marches nécessaires pour l’accès complètent le tableau. D’un point de vue purement architectural, le porch représente un développement assez élémentaire de l’idée classique de façade, l’expression d’une pauvreté de très petit propriétaire, et d’un luxe rudimentaire, primitif. D’un point de vue psychologique, sinon moral, il s’agit là au contraire d’un phénomène qui moi me rend dingue, et qui, après une analyse approfondie, apparaît émouvant, mais également répugnant, et, tout compte fait, épiphanique. Du grec epiphaneia : révélation.

L’anomalie du porch – continua le professeur Bandini – est bien évidemment d’être, dans le même temps, un lieux dedans et un lieu dehors. D’une certaine manière, il représente un seuil en prolongement, où la maison n’est plus, sans toutefois s’être annihilée dans la menace du dehors. Il est une zone franche dans laquelle l’idée de lieu protégé, dont toute la maison est là pour être le témoignage et la réalisation, va au-delà de sa propre définition, et se repropose, presque sans défense, comme par une résistance posthume aux préventions de l’ouvert. En ce sens, cela paraîtrait un lieu faible par excellence, monde en équilibre, idée en exil. Et il n’est pas exclu que ce soit précisément cette identité faible qui concoure à son charme, l’homme étant enclin à aimer les lieux qui semblent incarner sa propre précarité, qui le fait créature à découvert, être de frontière.

Il est curieux, toutefois – poursuivit le professeur Bandini – que ce statut de « lieu faible » se dissolve dès l’instant où le porch cesse d’être un objet architectural inanimé et est habité par les hommes. Sur une véranda, l’homme moyen reste le dos tourné à la maison, assis, et qui plus est assis sur une chaise pourvue d’un mécanisme expressément conçu pour la faire se balancer. Certaines fois, composant le tableau avec une exactitude des plus aveuglantes, l’homme tient sur ses genoux un fusil chargé. Il regarde devant lui, toujours. À présent, si vous vous reportez à cette image de précarité qu’était le porch entendu au sens de simple objet architectural, et que vous l’enrichissez de la présence de cet homme – dos tourné à la maison, se balançant sur sa chaise à bascule, avec un fusil chargé sur les genoux – cette image glissera sensiblement vers un sentiment de force, d’assurance, de détermination. On pourrait même dire que ce porch cesse d’être un écho fragile de la maison à laquelle il s’appuie, pour devenir confirmation ultime de ce que la maison ne fait qu’évoquer : sanction définitive du lieu protégé, solution du théorème que la maison se contentait d’énoncer.

Tout compte fait – poursuivit le professeur Bandini – cet homme et ce porch, ensemble, constituent une icône laïque, et cependant sacrée, dans la quelle est célébré le droit de l’humain à posséder un lieu à lui, soustrait à l’être indistinct du simplement existant. Qui plus est : cette icône célèbre la prétention d’une lâcheté méthodique (le balancement de la chaise à bascule) ou d’un courage équipé (le fusil chargé). Toute la condition humaine est résumée dans cette image. Car c’est exactement ainsi qu’apparaît la position destinale de l’homme : être face au monde, avec soi-même dans le dos.

C’était une chose à laquelle le professeur Bandini croyait, par delà n’importe quelle nécessité académique – lui, simplement, il croyait que les choses se passaient exactement ainsi, il le croyait même quand il était dans sa salle de bains. Il pensait, vraiment, que les hommes se tiennent sur la véranda de leur propre vie (exilés par conséquent d’eux-mêmes) et que c’est la seule manière possible, pour eux, de défendre leur vie contre le monde, car si seulement ils se risquaient à rentrer chez eux (à être eux-mêmes, donc) cette maison redeviendrait immédiatement refuge fragile dans la mer du néant, destinée à se voir balayer par la grande vague de l’Ouvert, et le refuge se transformerait en piège mortel, raison pour laquelle les gens s’empressent de sortir sur la véranda (et donc d’eux-mêmes), reprenant position au seul endroit où il leur a été donné d’arrêter l’invasion du monde, sauvant du moins l’idée d’une maison à soi, fût-ce en se résignant à la savoir, cette maison, inhabitable. Nous avons des maisons, mais nous sommes des vérandas, pensait-il. Il regardait les hommes et dans leurs mensonges émouvants entendait le grincement de la chaise à bascule sur les planches poussiéreuses du porch; et pour lui les grands éclats d’orgueil et de fatigante affirmation de soi où il voyait, chez les autres et chez lui-même, se nicher le verdict d’un exil éternel n’étaient que de ridicules fusils chargés. C’était une histoire très triste, à bien y réfléchir, mais émouvante aussi, parce qu’à la fin, le professeur Bandini se savait ressentir de l’affection pour lui-même et pour tous les autres, et de la compassion pour toutes les vérandas dont il se savait entouré

il y avait quelque chose d’infiniment digne dans cette hésitation éternelle devant le seuil de la maison, un pas devant soi-même

les nuits où se lève le vent féroce de la vérité, le lendemain matin tu n’as plus qu’à réparer l’auvent de tes mensonges, avec une patience inusable, mais quand mon amour reviendra tout reprendra sa place, nous regarderons le coucher du soleil ensemble en buvant de l’eau colorée

ou quand quelqu’un, n’en pouvant plus, te demandait de venir t’asseoir devant lui et t’ouvrait sa pensée, déballant tout, mais vraiment tout, et même là ce que tu comprenais c’était que vous étiez assis dans sa véranda, mais qu’il ne te ferait pas entrer dans sa maison, la maison il n’y entrait plus depuis des années maintenant, et c’était la raison paradoxale pour laquelle il était là, lui, devant toi, n’en pouvant plus

ces soirs où l’air est froid et le monde paraît s’être absenté, tout à coup tu te sens comique, là sur ta véranda, à monter la garde contre un ennemi inexistant, et c’est une fatigue qui te mord, et l’humiliation de te sentir aussi inutilement ridicule, à la fin tu te lèves et tu rentres chez toi, après des années de mensonges, de comédies, tu rentres chez toi en sachant que peut-être tu n’arriveras même pas à trouver ton chemin, une fois dedans, comme si c’était la maison d’un autre alors que c’est la tienne, ça l’est encore, tu ouvres la porte et tu entres, curieux bonheur que tu avais oublié, ta maison à toi, dieu que c’est merveilleux, ce giron, cette tiédeur, la paix, moi, finalement, je ne sortirai plus jamais d’ici, je pose mon fusil dans un coin et je réapprends la forme des objets et les figures de l’espace, je me réhabitue à la géographie oubliée de la vérité, j’apprendrai à me déplacer sans rien casser, quand quelqu’un frappera à la porte je l’ouvrirai, et quand ce sera l’été j’ouvrirai les fenêtres en grand, je serai dans cette maison aussi longtemps que je serai, MAIS

MAIS si tu attends, et que tu regardes cette maison de dehors, il pourra s’écouler une heure ou une journée entière MAIS à la fin tu verras la porte s’ouvrir, sans savoir ni pouvoir comprendre, jamais, ce qui a bien pu se passer dedans, tu verras la porte s’ouvrir et lentement cet homme-là, sortir, invisiblement poussé dehors par quelque chose que tu ne pourras jamais connaître, MAIS ça a sûrement à voir avec une peur vertigineuse, ou une incapacité, ou une condamnation, impitoyable au point de pousser cet homme dehors, sur sa véranda, le fusil à la main, moi j’adore

moi j’adore cet instant – disait le professeur Bandini – l’instant précis où l’homme fait encore un pas, le fusil à la main, regarde le monde devant lui, respire l’air piquant, relève le col de sa veste, et puis – merveille – revient s’asseoir sur sa chaise et, appuyant le dos en arrière, la remet en mouvement, doux balancement qui s’était endormi, roulis rassurant du mensonge, qui berce à présent la sérénité à nouveau retrouvée, la paix des lâches, la seule qui nous soit donnée, les gens passent et saluent Hey Jack, t’étais passé où? Rien, rien, je suis là maintenant. En forme Jack, une main caresse la crosse du fusil, il regarde au loin, clignant un peu des yeux, de combien de lumière, monde, de combien de lumière as-tu besoin, moi là-dedans une flamme de rien du tout me suffisait, quand? je ne me rappelle pas quand MAIS cet endroit-là je lui ai dit adieu, et puis plus rien, plus jamais il n’en parlera, pour toujours là à se balancer sur sa véranda de bois peinte

si tu penses à ça, imagine les maisons vides, des centaines, derrière les visages des gens, dans le dos de chaque véranda, des milliers de maisons parfaitement rangées, et vides, imagine l’air, là-dedans, les couleurs, les objets, la lumière qui change, tout ce qui s’y passe et pour personne, des lieux orphelins, alors que ce sont LES LIEUX mêmes, les seuls vrais, mais quel curieux urbanisme du destin les a imaginé comme des vermoulures du monde, des trous abandonnés sous la surface de la conscience, si tu penses à ça, quel mystère, que deviennent-ils les vrais lieux, mon vrai lieu, où donc suis-je passé, MOI, pendant que j’étais là à me défendre, ça ne t’arrive jamais de te poser cette question? et MOI comment je vais? pendant que tu es en train de te balancer, de réparer des bouts de toits, de faire briller ton fusil, de saluer les gens qui passent, tout à coup elle te vient à l’esprit cette question, et MOI comment je vais? je voudrais savoir ça, MOI comment je vais? est-ce que quelqu’un sait si je suis bon, ou vieux, est-ce que quelqu’un sait si je suis VIVANT ?"

- A. Baricco -

jeudi 11 mars 2010

Ramassi, ramassouille... Ramasse!

5 à 7 allongé sur le dos de mon cheval préféré. Rires, rires et rires avec Djou, ma complice des temps moderne. (Qui part pour Couba dans 1 semaine, ayoye, me demande c'est comment 2 semaines sans elle.) J'adore monter à chfal seule pour me retrouver avec 7-8 amis qui rient quand je perds mon lasso. Quand je le ramasse. Quand je monte debout sur la selle du bar avec Leduc pour chorégraphier nos vies.

Beaucoup de feu dans mon sang. Peut-être pour rien. Peut-être pas. Pour l'instant, j'm'en fous, tout ce que je veux, c'est garder le point d'ébullition. Euphorie oubliée retrouvée. Menottes détachées. (ça y est...)

Dans mes oreilles: Jérémi Mourand - Du cheval haché
(J'ai dit ça y est, parce que j'ai démarré les sons, parce que les menottes m'ont fait pensé à Jérémi. Au constable Langlois. À Jacquouille qui est rentré à 20h pour la job encore saoûl d'la veille, à plein d'autres choses que je garderai secrètes pour leur sécurité.)

Je rentre dans mon 4 1/2. Seule. La paix. Moi.

Soirée d'hier forte en émotions. Sommeil court et troublé. Journée trop énergique. J'suis fatiguée. Besoin de dormir. Pas envie de dormir seule.
C'est ça anyway, t'inquiètes! Même si j'haïs ça, c'est ça qui est ça.

J'pense à Djou. Je ris encore. De nos jeux de mots qui s'éternisent et s'améliorent, de nos journées de rêve. On pond 2 projets à l'heure, elle et moi, avec nos conneries qui me font pisser par terre. J'ADORE! 3/1 $ à surveiller, ainsi que d'autres beaux projets pleins d'art que je ne peux divulguer, de peur qu'on se fasse voler nos idées.

Je ne suis pas tombée de ma monture. Je ne me suis pas torchée la face. Les Black Velvets et le Jameson sont biens collés l'un à l'autre, comme du monde qui s'aime, mais ça va. Ça fait du bien d'être capable de se contrôler. Fait du bien de ne pas s'effondrer dans l'alcool.

Ma nuit sera courte comme toutes les autres, mais le sommeil bien mérité.

Franck!!! Tu ramasses ton bordel, tu montes dans ta chambre !!

Dans mes oreilles: Jérémi Mourand - Shit on the ground / Dans la vie (comme) / 56 (REPEAT)

mercredi 10 mars 2010

Barney

Dans mes oreilles: Ève Cournoyer - Tout arrive (douce Ève qui me chante en privé pendant qu'on fume une clope, Ève qui me rappelle, qui me dicte...Ève mon amie... Autre histoire.)

Il y a longtemps, très très longtemps, dans la belle ville de Montréal, une petite jeune femme prenait l'autobus sur la St-Denis pour se rendre au collège. Elle avait 15 ans, était dreadsée, rebelle pis toute le kit ado-qui-va-au-privé-pour-pas-décrocher. Tous les matins, dans cet autobus, un homme embarquait quelques coins plus loin, parfois seul, parfois avec sa blonde. La petite ado le regardait du coin de l'oeil en trouvant qu'un mâle plus vieux, déjà grisant, c'était donc beau. Déjà, elle fantasmait sur son odeur. Ils débarquaient tous les 2 sur Sauvé et prenaient des directions différentes. L'ado trouvait que c'était un des hommes les plus hots, les plus virils qu'elle n'avait jamais croisé.

Plus tard, beaucoup beaucoup plus tard, en 2002, l'ado rendue un peu femme travaillait pour la Ville de Montréal à la bibliothèque Centrale. Elle s'est fait plein d'amis, dont une fille de 12 ans son aînée. Cette fille avait un frère et ils se parlaient souvent au téléphone, de la job. Comme elle parlait souvent de lui, l'ado-femme en savait beaucoup et reconnaissait des goûts communs. Chaque fois que l'amie parlait à son frère, la jeune femme hurlait des paroles de Frank Zappa ou autres niaiseries dans le téléphone en passant à côté, tellement qu'à la fin, le frère de l'amie et la femme-ado passaient quelques minutes à se parler.

Un peu plus tard, pas tant que ça plus tard, la jeune femme promenait son chien dans son merveilleux Villeray et a croisé son amie de la Centrale, qui marchait avec son frère. Le mec du bus 6 ans plus tôt. Son fanstasme d'ado. Le grand, le seul. Ils passèrent 4 ans ensemble. 3 et 3/4 dans le bonheur. Rupture brusque. Difficile. Parce que "toute bonne chose a une fin"? J'sais pas. Parce que c'était fini. Trop de recollages. Les fissures mal réparées qui paraissent, c'est pas ben beau.

Maintenant l'ado devenue femme est bien amie avec lui, et sa nouvelle blonde. Assez pour avoir eu des relations pas pire à 3. Assez pour qu'il lui lègue sa collection de vinyles. Il s'appellait Barney.

Je trouve cette histoire très belle.
Je suis très reconnaissante envers ce Barney qui m'a beaucoup appris, beaucoup donné et beaucoup pris. Grâce à lui, j'ai compris de grandes choses. Je l'aime d'amour, comme il disait, mais d'un amour qui n'a plus de désir. Il m'a donné les plus grandes joies de la vie, comme celle de chanter vraiment, comme celle de persévérer, comme celle de découvrir d'la nouvelle musique qui ne me quitte plus depuis, comme celle de découvrir du plaisir dans ce que je n'aimais pas, comme celle de connaître, enfin, vraiment, les vrais qui me suivent tout le temps maintenant, comme Wilson et ses garçons de plage, comme Pete et Qui??, comme les grands de mon pays. J'en passe, j'en passe.

J'trouve cette histoire très belle. J'la trouve belle parce qu'ils se levaient tôt, se promenaient beaucoup, mangeaient bien et trop, buvaient beaucoup, baisaient surement beaucoup trop selon certains, riaient et riaient tellement ils faisaient des niaiseries niaiseuses. Tellement de niaiseries partout, dans les rues, chez les autres. Tellement de niaiseries que vraiment, les autres avaient mal de les voir si bien pour rien, dans des pyjamas montés par-dessus le nombril, dansant comme des caves à s'en époumoner. Juste pour rire. Toujours. J'la trouve belle parce que c'était simple. (Jusqu'à ce que tout change et devienne malsain. Mais ça, c'est une autre histoire...)
J'trouve cette histoire très belle, et pas parce que c'est la mienne.

J'lève mon Bloody à Barney, à tous ceux qui y croient, à moi, à toi.

mardi 9 mars 2010

Breathless

I listen to my juddering bones
The blood in my veins and the wind in my lungs
And I am breathless without you
Still your hands
And still your heart
For still your face comes shining through
And all the morning glows anew
Still your soul
Still your mindS
till, the fire of love is true
And I am breathless without you

Rafale

J'ai supprimé le dernier commentaire pour la seule raison qu'il divulguait mon nom. Même si le 3/4 de mes lecteurs savent très bien qui je suis, je préfère taire mon nom, ce qui me permet de rester dans un semblant d'anonymat et restreindre ainsi ma censure.

Et pour y répondre, à ce commentaire... Il n'y a pas d'autre homme que l'homme. Seulement j'essaie d'avancer, de garder les yeux ouverts. De croire que j'aurai d'autres commentaires, un jour, comme celui apparu sur ce blogue. Voilà la déclaration dont je parle. Voilà sur qui ou quoi je fantasme en ces jours gris.

L'homme me fait encore beaucoup de peine, comme en restant en contact avec la cocufiante, en l'invitant à ses spectacles que je meurs d'envie de voir, où je suis moi-même invitée. PAS FORT. Je me retiendrai peut-être... Pas envie de tomber sur une fille qui réveille en moi de grands élans de rage. Encore une fois, je ne me sens nullement respectée et ça m'aide à faire mon chemin, du moins mental, loin de l'homme. Homme qui ne veut pas me voir partir, qui dit quil s'ennuie, mais qui fait volontairement les invitations, en s'en calissant ben raide que ça me blesse qu'il invite c'te plotte slack-là. Anyway, repentir mon cul, s'il m'aimait vraiment j'me dis qu'il y a des choses qu'il ne ferait pas, en sachant juste le risque de blessure...

J'ai terminé ma lecture de Monsieur Duval. Divertissant. Amusant. J'en apprends sur lui, sur l'homme et sur leur mode de vie. Peuplé de nouveauté, d'alcool et de groupies. J'en apprends sur le syndrome du patachon, musicien, coeur de rockeur qui n'a jamais su dire je t'aime, ou qui l'a dit et ne le redira plus jamais. Hommes remplis de belles phrases préfabriquées... "C'est pas toi, c'est moi..." "J'veux pas que t'aies mal à cause de moi..." "j'suis pas prêt à m'investir..." "On ne veut pas la même chose..." Hommes que nous aimons, nous, femmes fuckées, dans leur intégrité, dans leur intégralité.

samedi 6 mars 2010

Proud Mary

Bonne petite bière avec ma mariée préférée avant le souper. Temps privilégié et chéri.

Criss de beau jam, beaucoup de pot, beaucoup de vin. Chili con carne. Fromage. Champignons magiques. 3 espressos bien alignés, bien tassés. Dessert sublime chocolaté. Merveilleuse présence de Gen et Balt. Rires. Pleurs. Famiglia, la vraie, la pure, celle du sang.

Comme quoi j'écris plutôt quand mon sang bouille, mais le reste du temps, ya de beaux et bons petits plats qui mijotent.

Ventre bien et beaucoup trop rond, dodo pour affronter un nouveau jour du Seigneur rempli de job sale. Sourire aux lèvres, bien mérité.

Moi aussi, lecteur, j'ai envie de te dire que je t'aime.
Bonne nuit.

Affaires à faire

Je m'en vais souper chez ma grande soeur du Chfal, souper vite dit puisque tout ce dont on a envie, c'est de se la torcher en se racontant tous nos petits pépins. Féminin en ostie comme soirée, mais bon. Elle a fermé le bar hier, alors j'attends qu'elle se lève et me lâche un petit coup de fil.

L'homme est venu me voir, a passé la journée avec moi, la nuit, le matin. Il me trouvait changée, légère et je lui ai dit que j'avais eu un compliment bien touchant sur mon petit blogue qui lui est sans intérêt aucun. Bien qu'il insiste sur le fait qu'il ne soit pas jaloux, il bitche le garçon qui est derrière son écran, dans le noir. Fini par dire que ça le fait chier. J'finis par dire que de toute façon, je perds mon temps avec lui et qu'un jour ou l'autre, il me verra partir. L'insulte totale. Je perds mon temps. "Ben là, en ce moment, j'suis bien, j'passe du bon temps, mais j'perds mon temps. Tu ne me feras pas d'enfants jamais, tu ne t'investiras pas avec moi ni personne pour ne pas perdre ta pseudo-liberté de marde, on n'habitera jamais ensemble, on ne construira jamais rien avec nos coeurs, alors oui, avec toi, je perds mon temps." Aoutch. L'homme a mangé sa claque.

Coeur blessé, coeur blessé... On a tous le coeur quelque peu blessé par quelque chose ou quelqu'un. Et ça se referme, biensûr, mais ça laisse des marques. J'en ai des marques et je les assume. Et je me relève et je marche encore, bien consciente des fortes probabilités de rechutes, et je continue, généralement le sourire au lèvres. Oui, je m'étale et je deviens dramatique, mais je crois que c'est simplement par besoin de le vider ce coeur, de mettre mes cartes sur table.

Je suis blessée, mais je n'ai pas peur de recommencer. Je n'attends pas de nouvelles rencontres, je ne focusse pas sur ça, mais j'aime à croire que d'autres déclarations suivront. J'sais pas pourquoi j'ai l'impression que les hommes n'aiment qu'une fois, une vraie, puis ne peuvent plus se relever. Ou se relève à moitié... J'ai écouté un film super poche mais plein de vérité hier. Comment devenir un trou de cul et enfin plaire aux femmes. Ils disaient que la vie était injuste pour les bons gars, que les femmes préféraient nettement les trous de cul. Qu'un homme devait faire brailler sa femme des fois pour être sûr de la garder. J'crois que c'est vrai.

Moi... moi tout ce que je veux, c'est donner. De mon coeur, de mon sexe et de mon âme. Donner et voir l'autre sourire. Donner et partager. Et baiser en masse, et me remplir de joies. Dans le respect. Dans le rire. Et je n'ai absolument pas besoin d'un prince charmant pour ça, juste de quelqu'un qui veut essayer. Essayer de recevoir, d'être vrai et honnête dans le plaisir. Le vrai. Le pur. Je crois que j'aime bien qu'on se mêle à moi, à mon coeur, à mes affaires. De mes affaires.

jeudi 4 mars 2010

Réponse...

À lire le dernier commentaire que j'ai reçu, je pleure. Je ne me souviens pas d'avoir eu une déclaration de la sorte de toute ma vie, et cette fois, encore, c'est anonyme.

Ça me rappelle Gaffeur44, une folle qui s'était mise à m'écrire des courriels, en faisant semblant d'être un homme et de m'aimer en silence. Après 2 mois d'écriture, j'étais folle du non-mec, étais prête à me marier peu importe la face du non-mec, ne dormais plus, ne mangeais plus. Ne vivais plus. Je passais mes journées à vérifier si j'avais pas un nouveau courriel, mes nuits à brouillonner ma réponse... L'enfer. Je pleurais sur l'épaule d'une amie, en disant que je n'en pouvais plus de ne pas savoir qui me hantait de la sorte, en hurlant que j'étais amoureuse, en le cherchant partout. Un jour, j'ai appris que cette épaule sur laquelle coulaient mes larmes était la même qui écrivait toute cette bullshit. J'ai appris que c'était de l'inventé, de l'irréel, de la grosse marde sale puante, sans même une poussière de vérité. J'ai essayé de me suicider. J'ai demandé de l'aide. J'ai fini en psychiatrie.

Histoire ancienne, biensûr, mais ce commentaire réveille en moi un peu la même émotion que j'éprouvais pour le Gaffeur. Émotion qui me déstabilise. Qui me fragilise. Qui fait vibrer quelque chose que je croyais mort en moi. Ne pas jouer avec les sentiments de la Freak, parce qu'ils se dévoilent souvent surpuissants. Défoncent les murs. Me font peur.

Je pleure. Pour mon intensité sans laquelle je ne pourrais vivre, mais qui m'étouffe et m'angoisse. C'est con peut-être, ou incompréhensible, mais je me sens comme Jocaste. Hep... le théâtre, ça entre pis ça reste dans la fille, ancré bien au fond de sa mémoire... Jocaste... tsé Jocaste, la mère d'Oedipe... Bon.

Des commentaires intenses comme celui que j'ai lu, que j'ai relu (comme dit Léon dans Le Phalène avec son Post-it), ça me travaille, ça me gruge et ça me hante. Merci. Je ne sais pas qui tu es, mais franchement, je ne me souviens pas d'avoir eu aussi belle déclaration dans ma vie. Que tu sois ami, amant, parent ou autre, sache que pour quelques instants, tu occupes assez mes pensées pour avoir ses quelques lignes. Je sens que je suis importante, vraiment. Pour quelqu'un. Et je réalise que d'autres me montrent vraiment qu'ils m'adorent et que je ne le vois pas toujours, aveuglée de brun pour souvent rien. Merci. Merci.