Dans mes oreilles: Moonland - Nick Cavec and the Bad Seeds
On dirait que tout va bien du dimanche au mercredi quand je pars travailler. Parce que le mercredi il pratique. Parce que le mercredi, je me mets à capoter, à lui demander à quelle heure il pense rentrer et que ça me fait capoter et que là je l'énerve et j'peux très bien comprendre pourquoi. Parce que le mercredi, il ne rentre pas à l'heure qu'il m'a dit ou ne rentre pas du tout. Des fois sans appeler. Parce que le mercredi, je m'endors seule si je réussis à fermer l'oeil. Parce que le mercredi je me réveille la nuit et constate qu'il n'est pas arrivé et que je ne me rendors plus. Cette semaine, ça m'a pris toute mon énergie de fermer ma gueule et de ne pas demander quand il allait rentrer, de ne pas lui demander de m'appeler. Il m'a envoyé un courriel à la job pour dire qu'il allait rentrer à minuit max... J'ai rien demandé. Et tout de suite après cette courte lecture, je devais me convaincre de ne pas l'attendre, parce que je ne le crois pas qu'il arrivera. J'suis rentrée à la maison, n'ai pas réussi à dormir avant 2h30 du mat, et je me répétais sans cesse, just like a broken record, qu'il n'allait pas rentrer...
Quand j'ai entendu la porte à 3h30, j'ai poussé un cri, j'ai eu peur.
(Hier, il est venu me chercher au travail. En descendant en vélo, il s'est fait frappé par un char. Il est pas pire. N'a pas voulu aller à l'hôpital. Moi, qui est prête à passer ma soirée à l'aider, à attendre avec lui pendant 12 heures à l'urgence... On allait y aller, mais il se sentait de mieux en mieux... Sauf que le fait que je sois prête à passer tout ce temps et cette énergie avec lui, c'est pas un geste d'amour, ça? C'est pas une preuve que je tiens à lui? Il ne semble pas.)
Alors, pour en revenir à mon beau pattern... Le jeudi, je feel souvent très scrap. Parce que même si je veux lâcher prise plus que tout, j'n'y arrive pas. J'manque de sommeil. J'me sens seule. Pas rassurée. Pis je vois la fin de semaine arriver. Pis c'est sûr qu'on va se pogner. Parce que je vais vouloir lui dire comment je me sens, ce que ça me fait, que je ne suis pas capable de tougher ça encore... Que deux semaines c'est long... Qu'il pourrait aller voir des amis, partir une couple de jours... Il me dit que j'ai juste à partir, moi.
Bref journée de marde à s'obstiner. Après, souvent on se réconcilie, on passe 2-3 belles journées et le cycle repart...
Les relations, selon moi, devraient être basées sur la confiance, l'honnêteté et la sécurité.
Selon lui, c'est une façon de voir les choses et ce n'est pas la sienne.
Alors les bras me tombent.
Parce qu'il dit qu'il n'a rien à me prouver, pis que ça job n'est pas de me faire sentir en sécurité. Que le degré de mon attente face à la sécurité est trop élevé. Que j'en demande trop.
Alors quoi??
J'pense que je me suis fait un petit rêve, une genre de bulle imaginaire en pensant que ça va aller bien une fois chacun de son bord. J'pense que c'est une belle utopie que je me suis fabriquée. Je l'aime et plus ça va, plus je me déteste et me trouve ridicule. Comme si ça me pêtait dans face que je rêve depuis le début. "Réveille, ostie de conne!!! Comme si votre amour était assez fort pour tout ça!! Come on..." L'amour... ça prend plus que ça pour bâtir quelque chose de solide et de fort, qui résistera aux intempéries. Ça prend du coeur pis d'la volonté, pis des compromis et du don de soi... Et une personne ne peut pas tout faire toute seule... C'est exactement comment je me sens là-dedans: toute seule.
La fin
Il y a 12 ans

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