Même si je me dis que je ne pleurerai plus pour lui, je ne fais que ça. Je me couche au soir venu, et malheureusement la machine se met en marche. Machine furieuse qui me remémore le bon vieux temps, où l’homme m’appelait sa beauté, du temps où il me criait qu’il ne voulait qu’être avec moi, habiter avec moi, vivre avec moi. Tout ça est effacé, brisé, mort. Dans son cœur à lui. Le mien saigne à ne plus savoir quoi faire de tout ce rouge, et je ne vois pas la sortie de mon tunnel.
Je n’ai pas envie de la voir.
Bref, je m’endors en sanglotant comme une poupée à qui on a coupé les cheveux tout croche et à qui on a arraché un bras, parce qu’elle est laide, et pis qu’on ne joue plus avec des poupées. Les poupées, c’est pour les bébés.
J’attends encore qu’il m’appelle, qu’il vienne un peu bercer ma peine. Même si ce sera éphémère et sans lendemain, même si je l’aime à ne plus savoir où cacher cet amour, même si j’ai le cœur qui pleure, même si je suis devant le vide. J’attends. J’attends les miettes et en attendant, je meurs de faim.
Je prends le métro en pleurant, je travaille en pleurant, je me lave en pleurant. Y’a pas quelqu’un qui a soif?
J’suis remplie de haine et de méchanceté. Le monde qui me disent « j’vais te faire rire! », j’ai juste envie de leur cracher dans la face, de les envoyer chier, de les battre jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se relever, comme moi. Écœurée des osties de caves qui me disent « ça va pas?!... » comme si c’était pas assez clair en regardant ma face que je braille depuis 5 jours. Fuck you les couples heureux.
J’voudrais qu’on soit capable de se parler, l’homme et moi. Qu’on communique. Qu’on se parle. Aussi plate que cela puisse être, il nous semble impossible de discuter. Aussi plate que cela puisse être, l’homme n’a pas envie de discuter. La discute égale dispute, ou reproche, ou demande, ou pression. Il ne semble pas comprendre que j’ai besoin de lui dire que j’ai mal, que je ne suis pas mieux sans lui, que je capote.
Je sais ben qu’il y en aura d’autres, des verts et des pas mûrs et des pourris.
J’sais ben que ça n’a pas de sens de pleurer comme ça, de se laisser affecter de la sorte, mais je l’aime c’t’homme-là. D’un amour inconditionnel.
Et un amour comme ça, ça ne se fane pas.
La fin
Il y a 12 ans

2 commentaires:
Touchant et beau...
Merci beaucoup Tantale.
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