Dans mes oreilles: Ève Cournoyer - Tout arrive (douce Ève qui me chante en privé pendant qu'on fume une clope, Ève qui me rappelle, qui me dicte...Ève mon amie... Autre histoire.)
Il y a longtemps, très très longtemps, dans la belle ville de Montréal, une petite jeune femme prenait l'autobus sur la St-Denis pour se rendre au collège. Elle avait 15 ans, était dreadsée, rebelle pis toute le kit ado-qui-va-au-privé-pour-pas-décrocher. Tous les matins, dans cet autobus, un homme embarquait quelques coins plus loin, parfois seul, parfois avec sa blonde. La petite ado le regardait du coin de l'oeil en trouvant qu'un mâle plus vieux, déjà grisant, c'était donc beau. Déjà, elle fantasmait sur son odeur. Ils débarquaient tous les 2 sur Sauvé et prenaient des directions différentes. L'ado trouvait que c'était un des hommes les plus hots, les plus virils qu'elle n'avait jamais croisé.
Plus tard, beaucoup beaucoup plus tard, en 2002, l'ado rendue un peu femme travaillait pour la Ville de Montréal à la bibliothèque Centrale. Elle s'est fait plein d'amis, dont une fille de 12 ans son aînée. Cette fille avait un frère et ils se parlaient souvent au téléphone, de la job. Comme elle parlait souvent de lui, l'ado-femme en savait beaucoup et reconnaissait des goûts communs. Chaque fois que l'amie parlait à son frère, la jeune femme hurlait des paroles de Frank Zappa ou autres niaiseries dans le téléphone en passant à côté, tellement qu'à la fin, le frère de l'amie et la femme-ado passaient quelques minutes à se parler.
Un peu plus tard, pas tant que ça plus tard, la jeune femme promenait son chien dans son merveilleux Villeray et a croisé son amie de la Centrale, qui marchait avec son frère. Le mec du bus 6 ans plus tôt. Son fanstasme d'ado. Le grand, le seul. Ils passèrent 4 ans ensemble. 3 et 3/4 dans le bonheur. Rupture brusque. Difficile. Parce que "toute bonne chose a une fin"? J'sais pas. Parce que c'était fini. Trop de recollages. Les fissures mal réparées qui paraissent, c'est pas ben beau.
Maintenant l'ado devenue femme est bien amie avec lui, et sa nouvelle blonde. Assez pour avoir eu des relations pas pire à 3. Assez pour qu'il lui lègue sa collection de vinyles. Il s'appellait Barney.
Je trouve cette histoire très belle.
Je suis très reconnaissante envers ce Barney qui m'a beaucoup appris, beaucoup donné et beaucoup pris. Grâce à lui, j'ai compris de grandes choses. Je l'aime d'amour, comme il disait, mais d'un amour qui n'a plus de désir. Il m'a donné les plus grandes joies de la vie, comme celle de chanter vraiment, comme celle de persévérer, comme celle de découvrir d'la nouvelle musique qui ne me quitte plus depuis, comme celle de découvrir du plaisir dans ce que je n'aimais pas, comme celle de connaître, enfin, vraiment, les vrais qui me suivent tout le temps maintenant, comme Wilson et ses garçons de plage, comme Pete et Qui??, comme les grands de mon pays. J'en passe, j'en passe.
J'trouve cette histoire très belle. J'la trouve belle parce qu'ils se levaient tôt, se promenaient beaucoup, mangeaient bien et trop, buvaient beaucoup, baisaient surement beaucoup trop selon certains, riaient et riaient tellement ils faisaient des niaiseries niaiseuses. Tellement de niaiseries partout, dans les rues, chez les autres. Tellement de niaiseries que vraiment, les autres avaient mal de les voir si bien pour rien, dans des pyjamas montés par-dessus le nombril, dansant comme des caves à s'en époumoner. Juste pour rire. Toujours. J'la trouve belle parce que c'était simple. (Jusqu'à ce que tout change et devienne malsain. Mais ça, c'est une autre histoire...)
J'trouve cette histoire très belle, et pas parce que c'est la mienne.
J'lève mon Bloody à Barney, à tous ceux qui y croient, à moi, à toi.
La fin
Il y a 12 ans

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