À lire le dernier commentaire que j'ai reçu, je pleure. Je ne me souviens pas d'avoir eu une déclaration de la sorte de toute ma vie, et cette fois, encore, c'est anonyme.
Ça me rappelle Gaffeur44, une folle qui s'était mise à m'écrire des courriels, en faisant semblant d'être un homme et de m'aimer en silence. Après 2 mois d'écriture, j'étais folle du non-mec, étais prête à me marier peu importe la face du non-mec, ne dormais plus, ne mangeais plus. Ne vivais plus. Je passais mes journées à vérifier si j'avais pas un nouveau courriel, mes nuits à brouillonner ma réponse... L'enfer. Je pleurais sur l'épaule d'une amie, en disant que je n'en pouvais plus de ne pas savoir qui me hantait de la sorte, en hurlant que j'étais amoureuse, en le cherchant partout. Un jour, j'ai appris que cette épaule sur laquelle coulaient mes larmes était la même qui écrivait toute cette bullshit. J'ai appris que c'était de l'inventé, de l'irréel, de la grosse marde sale puante, sans même une poussière de vérité. J'ai essayé de me suicider. J'ai demandé de l'aide. J'ai fini en psychiatrie.
Histoire ancienne, biensûr, mais ce commentaire réveille en moi un peu la même émotion que j'éprouvais pour le Gaffeur. Émotion qui me déstabilise. Qui me fragilise. Qui fait vibrer quelque chose que je croyais mort en moi. Ne pas jouer avec les sentiments de la Freak, parce qu'ils se dévoilent souvent surpuissants. Défoncent les murs. Me font peur.
Je pleure. Pour mon intensité sans laquelle je ne pourrais vivre, mais qui m'étouffe et m'angoisse. C'est con peut-être, ou incompréhensible, mais je me sens comme Jocaste. Hep... le théâtre, ça entre pis ça reste dans la fille, ancré bien au fond de sa mémoire... Jocaste... tsé Jocaste, la mère d'Oedipe... Bon.
Des commentaires intenses comme celui que j'ai lu, que j'ai relu (comme dit Léon dans Le Phalène avec son Post-it), ça me travaille, ça me gruge et ça me hante. Merci. Je ne sais pas qui tu es, mais franchement, je ne me souviens pas d'avoir eu aussi belle déclaration dans ma vie. Que tu sois ami, amant, parent ou autre, sache que pour quelques instants, tu occupes assez mes pensées pour avoir ses quelques lignes. Je sens que je suis importante, vraiment. Pour quelqu'un. Et je réalise que d'autres me montrent vraiment qu'ils m'adorent et que je ne le vois pas toujours, aveuglée de brun pour souvent rien. Merci. Merci.
La fin
Il y a 12 ans

3 commentaires:
Salut Akarius, comment je peux t'écrire sans que toute la planète ne soit au courant?
mais cette adresse disparaîtra rapidement.
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